Fury
Jeudi 29 mai 2008 à 17 h 58
La colère est l’un des sentiments les plus animal en nous. Il est tellement animal que l’on tente par tous les moyens de le contenir, de le canaliser, de l’assagir.
Il est socialement interdit d’exprimer sa colère. Du reste, il vaut souvent mieux, car elle occulte la raison et la faculté d’analyse. La colère est une force terrible qui peut nous retourner et nous détruire entièrement. Etre consumé de colère est une expérience peu enviable. Atteindre l’état de fureur est une expérience éprouvante.
Chez moi, la fureur s’exprime par les gestes, refusant la priorité au langage. Elle est mon ultime mécanisme de défense face à l’agression. Dans cette situation, il me faut impérativement faire le vide autour de moi, pour recréer ma bulle d’intimité où je peux me retrouver, me reconstruire, panser mes plaies, me reposer.
Cette fureur fait partie intégrante de ma personne. Elle me caractérise tout autant que ma gentillesse profonde. Elle n’est absolument pas à moraliser. Elle est, c’est tout. Et que je le veuille ou non, elle me constitue.
Fury traduit ce que je ressens dans ce moment de fureur, ce moment où l’on « voit rouge ». Il est fait en deux thèmes très distincts. Il évoque la tempête en mer, l’embarcation humaine malmenée qui perd tout contrôle et sens de soi dans le mouvement des vagues, qui subit une force supérieure qui l’emmène au gré de ses caprices brutaux d’un mouvement à un autre, pour finalement le laisser en vie, sauf, sur un rivage.
Le morceau est construit exactement comme il m'arrive de vivre des moments de fureur pure.
C’est un développement violent autour d’un sentiment d’agression, un emballement, une incapacité à orchestrer ses pensées sur un seul thème. C’est une violence que l’on tente de canaliser mais qui nous échappe, pour finalement prendre les rênes. Cette violence connait un peu de répit, le temps de reprendre notre souffle, d’essayer de penser, de raisonner, d’arrêter. Mais elle se nourrit d’elle-même. Elle est la jubilation de la vie, elle est émotion brute, son moteur et son combustible à la fois. La fureur s’alimente d’elle-même et s’emballe, jusqu’à l’épuisement, sinon le retrait de l’agression. Et alors, le souffle retrouvé, la fureur lâchant un peu prise comme le ressac sur une plage, elle dessert l’étreinte mais laisse ses crochets.
Puisqu’il faut bien ne pas tomber, puisqu’il faut se relever, la fureur reste tapie, conseillère dans l’ombre qui guide notre jugement et l’obscurcit, n’attendant qu’un prétexte pour une dernière fois avant l’épuisement se déchainer en un assaut brutal, bref, intense, sans concession. La fureur du tout pour le tout, avant de tomber, un adieu tragique, comme une maîtresse passionnée qui part en un souffle, nous laissant vide, seul.
Seul et calme.
La fureur nous a permis de retrouver les conditions de la sérénité. Notre fureur, notre amie qui toujours nous a protégés, nous laisse en état d’affronter les agressions, de les désamorcer. Elle nous offre la tranquillité.
Le prix était élevé, mais, se sent-on souvent vivre autant ?
franquevilleroy.fr
Il est socialement interdit d’exprimer sa colère. Du reste, il vaut souvent mieux, car elle occulte la raison et la faculté d’analyse. La colère est une force terrible qui peut nous retourner et nous détruire entièrement. Etre consumé de colère est une expérience peu enviable. Atteindre l’état de fureur est une expérience éprouvante.
Chez moi, la fureur s’exprime par les gestes, refusant la priorité au langage. Elle est mon ultime mécanisme de défense face à l’agression. Dans cette situation, il me faut impérativement faire le vide autour de moi, pour recréer ma bulle d’intimité où je peux me retrouver, me reconstruire, panser mes plaies, me reposer.
Cette fureur fait partie intégrante de ma personne. Elle me caractérise tout autant que ma gentillesse profonde. Elle n’est absolument pas à moraliser. Elle est, c’est tout. Et que je le veuille ou non, elle me constitue.
Fury traduit ce que je ressens dans ce moment de fureur, ce moment où l’on « voit rouge ». Il est fait en deux thèmes très distincts. Il évoque la tempête en mer, l’embarcation humaine malmenée qui perd tout contrôle et sens de soi dans le mouvement des vagues, qui subit une force supérieure qui l’emmène au gré de ses caprices brutaux d’un mouvement à un autre, pour finalement le laisser en vie, sauf, sur un rivage.
Le morceau est construit exactement comme il m'arrive de vivre des moments de fureur pure.
C’est un développement violent autour d’un sentiment d’agression, un emballement, une incapacité à orchestrer ses pensées sur un seul thème. C’est une violence que l’on tente de canaliser mais qui nous échappe, pour finalement prendre les rênes. Cette violence connait un peu de répit, le temps de reprendre notre souffle, d’essayer de penser, de raisonner, d’arrêter. Mais elle se nourrit d’elle-même. Elle est la jubilation de la vie, elle est émotion brute, son moteur et son combustible à la fois. La fureur s’alimente d’elle-même et s’emballe, jusqu’à l’épuisement, sinon le retrait de l’agression. Et alors, le souffle retrouvé, la fureur lâchant un peu prise comme le ressac sur une plage, elle dessert l’étreinte mais laisse ses crochets.
Puisqu’il faut bien ne pas tomber, puisqu’il faut se relever, la fureur reste tapie, conseillère dans l’ombre qui guide notre jugement et l’obscurcit, n’attendant qu’un prétexte pour une dernière fois avant l’épuisement se déchainer en un assaut brutal, bref, intense, sans concession. La fureur du tout pour le tout, avant de tomber, un adieu tragique, comme une maîtresse passionnée qui part en un souffle, nous laissant vide, seul.
Seul et calme.
La fureur nous a permis de retrouver les conditions de la sérénité. Notre fureur, notre amie qui toujours nous a protégés, nous laisse en état d’affronter les agressions, de les désamorcer. Elle nous offre la tranquillité.
Le prix était élevé, mais, se sent-on souvent vivre autant ?
franquevilleroy.fr
3 commentaires, dernier de Grendel.