Fenières Libre !!! (le blog de Ezechiel)
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Du tout et du rien, mais surtout de l'inutile.

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Août 2005

Petite histoire.

Mercredi 31 août 2005 à 21 h 09
ornithorynque



Regardons cette sphère bleue dans l’espace. Oui, cette planète minuscule tout juste finie.
Approchons nous, une surface essentiellement recouverte d’eau, de grandes étendues rocheuses, des lacs, des montagnes, des forêts, des prairies, enfin tout ce qui fait d’une planète une planète.
Centralisons nous sur une prairie, celle où se trouve une petite baraque de chantier insignifiante : l’atelier du créateur et de son apprenti.
L’apprenti courrait comme un dératé dans l’herbe. Il arrivait enfin vers l’atelier. Il fallait qu’il mette au courant son maître du « problème ». Il se précipita sur la porte puis l’ouvrit. Le créateur leva à peine les yeux de son bureau.
- Que se passe t’il ?
Le jeune homme suffoquant encore sous l’effort produit répondit, non sans mal :
- Nous avons un problème, il manque une race.
- Comment ça ? Tu en es sûr ?
- Heu oui.
Le viel homme se leva et prit la calculatrice quantique posée sur son bureau, tout en
s’approchant de son apprenti, il pianotait sur la machine en lâchant de temps à autre un juron.
- Mais c’est que tu as raison ! Combien de temps avant la visite de chantier ?
- Environ 20 minutes.
Ils se regardèrent pendant quelques instants, ne sachant que faire, puis le créateur reprit la parole.
- Bon je vais bricoler un truc vite fait …
- On ne pourrait pas laisser en état ?
- Et que fais-tu de la réputation de cette entreprise ? Nous n’avons jamais livré une planète inachevée.
- Pardon maître.
- Bon regardons voir ce qu’il reste. Il ouvrit le premier placard et commença à farfouiller. Non pas ça … Oui pourquoi pas ? … Pis je vais prendre ça, on sait jamais. Une fois les « ingrédients » sélectionnés il se dirigea vers son atelier.
L’apprenti, n’ayant rien d’autre à faire, le suivi.
La salle était bien plus grande que l’extérieur ne le laissait croire, un simple effet dimensionnel. Les murs étaient recouverts de prototypes, d’instruments étranges et bien d’autres choses inclassables. Au centre trônais une table. Déjà l’homme s’affairait autour.
- Hé, petit, passe moi une clef de 14, un marteau à crémaillère et la scie.
L’apprenti s’exécuta aussitôt et déposa le tout près de son maître tout en essayant de regarder par-dessus son épaule.
- Humpf, rentre pas, peut-être que si je force un peu … Non ! Bon et si j’appuie ici ? Non plus …
- Vous voulez un coup de main ?
- C’est pas le moment, le travail de dernière minute ce n’est pas ton truc … Aller rentre … Tu crois que j’ai pas vu ce que tu as fais avec les humains … Bah voilà si on force un peu …
Le jeune homme baissa les yeux de honte. Le travail dura encore 15 minutes, puis le créateur se releva comme s’il avait travaillé pendant des jours.
- Voilà c’est terminé, c’est tout ce que je peux faire en aussi peu de temps.
Il présenta son œuvre.
- Merde ! pardon, maître, mais c’est quoi au juste ?
Il lui lança un regard noir.
- Quoi ? Tu t’attendais à quoi ? J’ai fais ce que j’ai pu avec ce que j’avais sous la main : un castor et un canard, d’accord j’ai pas mal bidouillé, mais le résultat est là.
- Les clients vont pas apprécier, ça ne marchera jamais. Il est fini ? Enfin je veux dire, il peut se reproduire ?
- Bien sûr, je ne fais jamais un travail à moitié, il pond des œufs et allaite ses petits par … L’apprenti le regardait de plus en plus bizarrement. Je t’ai dis que j’ai improvisé, et nous n’avons pas le temps de faire mieux. Comme pour confirmer ses dires, la sonnette retentit. Bon aller file ouvrir.
Lorsque le créateur rentra dans le bureau, les deux clients étaient déjà assis avec un café à la main.
- Bien le bonjour messieurs, le voyage ne fut pas trop long ?
Le premier répondit :
- Non, le voyage a été agréable en lui-même, et vous pas trop de mal pour finir dans les temps ?
L’apprenti le regarda furtivement.
- Non, tout est terminé et prêt à l’emploi.
- Nous sommes passés devant les mers, et j’ai tout de suite dis à mon collègue : « Tu vois ça c’est du bon boulot, ce n’est pas comme ce que l’on voit de nos jours »
- Merci, vous savez nous sommes une entreprise familiale avant tout, nous avons un certain code.
- C’est exactement ce que nous nous sommes dit, c’est pourquoi nous vous avons choisis. Mais trêve de bavardage, pouvons nous voir le résumé ?
- Mais bien sûr ! Petit, file chercher ça, il doit être dans l’atelier.
L’apprenti fila par la porte, puis revint quelques instants plus tard.
- Voilà. Il tendit un gros livre aux clients.
Pendant qu’ils le feuilletaient, le silence s’installait. Le créateur et son apprenti attendaient le moment fatidique.
- Hum pardon mais la dernière espèce, là en bas, avec un point d’interrogation, c’est quoi au juste ?
- Pardon ? Où ? Il prit ses lunettes. Ah ici, c’est, comment dire, un prototype.
- Un prototype ? le client regarda son collègue. Pourrions nous le voir ?
- Mais bien sur. « Et merde » pensa-t-il. Je vous l’apporte tout de suite.
Il retourna dans l’atelier et revint aussitôt avec la « chose »
- Voilà ! Un magnifique sourire barrait son visage.
Les deux hommes restèrent bouche bée, tandis que l’apprenti se retenait difficilement de rire.
- Il ne vous plaît pas ?
- Hum, c'est-à-dire, qu’il est un peu spécial. Non ? Et il fonctionne comment ?
- Comme je vous l’ai dit, c’est un prototype, c’est le premier d’une grande série, bientôt tout le monde se l’arrachera.
- Heu oui peut-être, mais pour l’instant …
- Ecoutez, vous êtes de très bons clients, alors je vous le laisse à moitié prix !
- Nous devons réfléchir à cette proposition, vous comprenez que votre « œuvre » est pour le moins étrange.
Les deux hommes échangèrent quelques mots, puis le premier reprit la parole.
- Bon nous voulons bien accepter votre offre, mais nous voulons en plus une lune avec notre planète.
Le créateur calcula rapidement les bénéfices et les pertes.
- Bien, d’accord.
- Au fait votre, heu, « truc » Il a un nom ?
- Hum … Il regarda son apprenti qui détourna le regard comme s’il n’était pas là, aucun secours à attendre de lui. Un ornithorynque ?


Inspiration : Terry Pratchett, les soirées arrosées.
Participation : Pauline, Alex.
Les critiques constructive sont les bienvenue.

Proverbe du soir.

Mardi 23 août 2005 à 21 h 22
Pluie dans le ciel, route mouillée.

Photo

Lundi 22 août 2005 à 23 h 37