Sous Le Feu
Jeudi 11 janvier 2007 à 14 h 51

Extrait de l'introduction de Sous Le Feu, réflexions sur le comportement au combat. Un document de 81 pages qui se lit facilement et qui vous ouvrira les yeux sur certaines raisons pour lesquelles on peut gagner ou perdre des batailles.

Vous êtes passionné d'histoire ? Vous avez l'esprit de compétition ? Ou peut-être êtes-vous simplement curieux de mieux cerner la nature humaine ? Dans tous les cas, il s'agit d'une lecture intéressante.

Article conseillé par CoWBoY MoRoN et approuvé par DaNoLd. Merci qui ? Merci l'armée française, son Centre de Doctrine d'Emploi des Forces et le Lieutenant-Colonel Goya.
Sous Le Feu, réflexions sur le comportement au combat
'WILL READ , SIR !
ça me rappelle ce qu'alex avait retenu de son service militaire (3e RIMA lui aussi je crois) : le plus dangereux c'est le friendly fire de tes potes de derrière... apparemment, en plein combat les gens ont tendance à flipper et à tirer n'importe comment...
c'est certain que le moral et la peur on ne les retrouvera pas dans un FPS, dommage peut-être, ça calmerait sans doute les ardeurs militaires d'un paquet de gens...
Pour le FF, j'ai un exemple où un type s'est fait descendre par un chef de compagnie qui avait cru voir un Allemand. J'ai retrouvé la fiche de décès de ce type, et dessus on a: "tué à l'ennemi"....
Sinon pour avoir lu quelques récits et bouquins, le point commun c'est le phénomène d'usure.
A force de subir des expériences traumatisantes et de se bouffer de l'adrénaline à foison, le soldat il vire limite en zombie.
A attendre la fin...que ce soit la fin de la guerre ou la mort. Faut juste que ca se termine.
Genre les pilotes qui foncaient dans les barrage anti-aérien sans se soucier de savoir s'ils allaient y passer ou pas.
Les mecs qui avancaient sous le feu ennemi en se cachant à peine.
Ils s'en foutent, comme dans un état second.
J'avais aussi vu un reportage sur le débarquement, de la vue des paras.
Tu vois un papy qui te raconte en pleurant comment ca s'est passé pour lui.
Eparpillés à la suite des parachutages pifométriques, ils avaient un objet pour se démarquer des ennemis
Un truc métallique qui émet un clic en appuyant dessus.
Dans les fourrés il voit qqun...stress..clic, clic...rien...il épaule, tire et s'apercoit par la suite qu'il vient de tuer son meilleur pote de chambrée...
Ouep c'est pas vraiment comme dans les films.
Avec le stress et le bordel, ca doit etre difficile de garder le bon jugement en permanence.
Ceux qui ont lu Voyage au bout de la nuit s'en doutaient aussi, tout le passage sur la guerre est édifiant (et bien sûr tiré de sa propre expérience traumatisante durant la 1ère Guerre Mondiale), il montre à quel point ça ressemblait à rien. (Danold devrait essayer de s'y replonger, puisqu'il n'a pas aimé la première fois, le passage sur la guerre est au début du livre).
Mais la palme revient tout de même aux américains en Irak, si ce que relate le film Jarhead est vrai (ça j'en sais rien). Que l'aviation réussisse à faire du friendly fire au sol dans des conditions aussi pépères, on imagine même pas quelle boucherie ça doit être en cas de bataille (ce qui doit renvoyer aux films sur le vietnam...).
Pour les cricket de la WW2 c'est pas dans le jour le plus long où l'on voit que le rechargement des Kar98 allemands faisaient le même bruit?
Les différents types d'acteurs (as, 1er rôle, 2nd, mouton, inhibés), on les retrouve aussi dans quelques FPS. Lors de certaines situations, on se surprend à réellement avoir la trouille avec tout ce qui est décrit dans ce document: paralysie ou au contraire attitude suicidaire inconsciente, parce qu'on veut en finir face à l'ennemi.
Cette réflexion sur la peur et le comportement a aussi des applications dans le civil, donc je recommande sa lecture pour tous ceux qui sont susceptibles d'être confrontés à d'intenses situations de stress (personnel policier, secouristes, etc...) ou qui travaillent en équipes.
Si on passe outre l'aspect un peu trop technique, ca reste de bonnes sources d'info pour les amateurs d'Histoire militaire ou d'analyse des conflits.
[url]http://www.maidenfans.com/imc/index.php?url=album09_fotd/combat&link=albums&lang=fra[/url].
Ne faites pas attention au site lui même, lisez seulement l'article (sauf si vous êtes un fan du groupe, evidemment).
Bref, j'avais trouvé ca très intéréssant. Je garde ton lien de coté : dès que j'ai le temps, je regarderai ca. Sympa en tout cas de nous en faire part.
C'est marrant aussi de voir que la plupart des soldats s'en battent royalement les couilles de leur pays. Ils se battent parce que c'est leur métier et ils tuent parce qu'on leur en donne l'ordre. Sans ordre, ils sont totalement perdus pour la plupart.
Et ce qui fait le plus peur, c'est qu'à leur place, on serait comme eux, quelque soit la haute estime qu'on peut avoir de nous-même.
F34R teh w4r
Mais aussi le total bordel que ça à l'air d'être au combat, j'ai aussi tout lut d'un trait, on se demande comment on réagirait dans ces situations...
C'est clair que ça me rappelle mon vécu dans les FPS, par exemple a TC:E je me suis envoyé genre 50 frag de suite alors que d'hab c'est 3 avant de crever comme une merde derrière une caisse. Mais là je j'avais tout mon esprit dans la partie, des reflex de fou, les gars ce couchait sous les balles, j'évitant les leurs je sais pas comment et fonçant dans le tas alors que dans jeu si tu restes à découvers plus de 2 secondes tu meurs. Ce n'est plus jamais arrivé.
Je retrouve dans ce passage, ce besoin, de plus en plus présent dans la vie de tout les jours, d'accomplir des actes plus mémorables , comme pour conjurer, par la gloire ou la mort, les peurs grandissantes de cette génération qui se sent perdue.
Ca me fait froid dans le dos à tel point que je n'ose même pas imaginer le massacre que serai une 3ème guerre mondiale...
Outre la subjectivité (et la censure ?) que l'on pouvait y trouver, je me souviens d'avoir réellement flippé à leur lecture, la peur qu'ils éprouvaient y était vraiment palpable, presque à chaque ligne, omniprésente.
J'ai pensé alors que cette trouille immense "éclairait" à elle seule une bonne part des comportements lors d'un conflit (et accessoirement qu'il était très difficile de la ressentir véritablement en temps de paix).
Sinon, je conseille "Extreme War" de Terrence Poulos qui est une sorte de "best-of" de la guerre, époque par époque - meilleure arme, pire erreur de commandement, meilleure manoeuvre, etc.
Mais ce qui est génial dans de document c'est sa porté dans les jeux-vidéos en équipe. Finalement c'est EXACTEMENT pareil. On retrouve tous ses comportements (dans une moindre mesure) dans Red Orchestra par exemple !
Merci pour ce lien :)
Maia@ en gros, tu ne pourra le savoir qu'une fois dans l'action. Perso', pour mon égo, j'pense être un as, évidemment ;)
Il faut y avoir joué (ou a un équivalent) pour le saisir. Les as et acteurs squatterons souvent le haut des tableaux par exemple. Tout comme ce sentiment d'infériorité qu'on peut subir dans une équipe (on ne fera que reculer), les acteurs/as faisant tout ce qu'ils peuvent mais sans l'appui des figurants, la défaite est alors inéductable (il s'écrit comme ça ce mot ?!).
A mon avis ça vient plutôt du raz le cul de jouer, la pause s'impose.
Quand à la comparaison avec les jeux-vidéos, certes on peut avoir des poussées d'adénaline, une hiérarchisation des joueurs, mais ça c'est comme tous les domaines de la vie. C'est loin d'être aussi fort que ce qui est décrit dans ce documents.
Dans un jeu on n'a pas la sensation physique de l'environnement, ce qui change tout : comme le souligne l'auteur du document, en combat le soldat a tendance à se "contrôler" différemment. Dans un jeu, vous contrôlez votre "corps" à travers une souris et clavier. Comment pourrait-il y avoir un rapport ?
Et puis, toujours comme dit dans ce document, c'est la peur qui crée ces changements de comportement. Vous avez peur dans un FPS ? Nan mais vraiment peur ? (pas le petit sursaut de surprise hein) Sans la peur de la mort, on est à des kilomètres d'un combat réel. Je n'ai jamais vu un joueur s'asseoir par terre d'un coup au moment d'un assaut.
Lecture très intéressante en tout cas, qui m'a montré à quel point la vrai guerre n'avait rien à voir avec les jeux-vidéos, même dans le cas des voulus réalistes.
Par exemple, dans Doom3, au début je flippais comme un dingue avant et pendant les combats. Vers la fin du jeu j'avais toujours peur mais je me maitrisais. C'est comparable aux vétérans qui parsèment ce document non ?
Mais je ne suis pas sur que ce soit très fun...
Un peu comme dans la vraie vie en fait.
Sinon si vous avez des bouquins sur les expériences de soldats ca m'interesse.
J'avais lu "Le Grand Cirque" de Closterman et c'était deja très interessant.
Il était pilote francais lors de la deuxième guerre mondiale.
Le bouquin je l'ai bouffé en une nuit tellement c'était prenant.
Et justement on sent bien ce glissement dans la manière de faire.
Au début il stresse pour tout, les combats tournoyant, les amis qui tombent, la peur que le moteur cale lors d'un passage en rase motte.
Sur la fin il s'en fout completement...le fait qu'il s'en soit sorti vivant tient à peu de choses:
-Il a repoussé le plus possible cette apathie face au combat et à la mort.
-Il devait être très bon.
-Le bol. (et ouais tout simplement...)
J'avais aussi remarqué le profond respect inter-armée.
Je suis pas sur que ce soit valable quand ton pote vient de se faire tuer par un soldat en face mais en général ils se respectaient.
A un moment Closterman regrette même qu'un as allemand se fasse descendre betement en se prenant des obus d'une bleusaille dans le dos alors qu'il essayait de se poser.
Dans le récit du début du Pdf, le soldat qui dit "Vous les francais, vous êtes de bons combattants" rejoint un peu ca.
Y'a deja 2-3 bouquins dans les commentaires de ce billet, mais si vous avez autre chose je prends
(Bon je viens de lire le Pdf et dans les annexes j'ai assez de references pour les prochaines années...)
Et, s'il te plait, ne fait pas une généralité en te basant sur Closterman ou sur ce PDF. Ils ne sont pas tous comme eux, loin de là.
J'vais m'arrêter à ça. Et vu ton ouverture d'esprit et le reste de ton argumentation je ne pense pas louper grand chose. Il te faut l'équivalent au mot prêt sinon tu refuses la comparaison. Rarement vu aussi borné. Evidemment que ma peur et leurs peurs n'atteint pas le même degré, hein ! Il n'empeche que, dans une moindre mesure, on peut transposer ce PDF dans le monde des jeux-vidéos.
Par exemple, dans Doom3, au début je flippais comme un dingue avant et pendant les combats. Vers la fin du jeu j'avais toujours peur mais je me maitrisais. C'est comparable aux vétérans qui parsèment ce document non ?"
Je te plussoie lourdement:
Moi , au début sur doom3 (ou avp), je me chiais dessus: j'avançais 10 mètres par minute (bon, j'exagère, mais à peine), je regardais chaque coin et recoin à la Maglight pour être sûr qu'un monstre ne s'y cachait pas, et quand une merde me sautait dessus sans que je m'y attende, je me tapai un gros coup de stress et d'adrénaline et je cafouillais un chouilla. Ca, c'était au début.
Ensuite, fatigué de stresser à ce point, je devellopais un nouveau comportement, limite suicidaire et hystérique en même temps: je rushais dans tous les sens sans rien regarder et dès que je voyais un monstre ou qu'il me sautait dessu , j'lui rushais à la tronche en gueulant des trucs genre "tiens enculé bouuuuffe!" et quelques fois je finissais raide mort mais soulagé :) C'était ma façon à moi de vaincre ma peur et/ou d'en finir.
Le parallèle avec les JV est tout à fait pertinent même si l'échelle de puissance des sentiments n'est pas la même, on retrouve bien les même comportements.
Loin de moi l'intention d'insister pour avoir le mot de la fin, mais, non.
Je faisais ça non pas parceque je me lachais et que je m'amusais, mais car c'était la seule façon de réagir que j'avait trouvé pour faire face à mon stress et à mes angoisses et pour faire ce que le jeu me demandait de faire: avancer, dézinguer du monstre et accomplir les objectifs .. c'était ça, ou me terrer dans un coin et donc, arreter de jouer .
Que ça te semble insultant ou pas envers les gens qui sont réellements confrontés à ce genre de situations (la guerre, pas des démons qui surgissent des placards..quoique, la métaphore tiendrait debout) n'y change rien. Sache que la capacité d'immersion de certaines personnes leur permet de prendre des situations virtuelles ou imaginaires comme des choses relativement réelles. De nombreuses expèriences sérieuses de simulations sont également menées par diverses agences (armées, compagnie aériennes, nasa etc), ils ne s'amuseraient pas à faire ça si c'était inutile.
Alors , oui, bien entendu que l'on ne réagit pas autant que si on se trouvait dans la vraie situation mais malgré tout, le parallèle est à mon sens, pertinant.
Il y a 2 formes de stress :
1. Le « stress protecteur » qui permet de gérer une situation éprouvante tout en restant efficace.
2. Le « stress dépassé » qui conduit rapidement à l’épuisement et diminue les performances.
Le stress dépassé se classe en 3 catégories :
- le stress de base qui est commun à celui qui est confronté à un milieu différent de celui auquel il est habitué. Il entraîne des contrariétés et des frustrations diverses. Il est courant durant les premières semaines et diminue avec le temps.
- le stress cumulatif, souvent prévisible, qui concerne aussi bien les conditions de vie matérielles que l’environnement en général. L’impossibilité de se reposer ou de se détendre lors des moments de loisirs est un signe à prendre en compte.
- Le stress traumatique est constitué par un événement violent et imprévu qui menace l’intégrité physique ou psychique (qui évoque la mort).
le stress engendré par les jeux videos est un stress de base car il n'y a pas implication ni de conséquences sur le joueur. ce dernier avance dans un niveau inconnu où il na pas de repere, en sachant qu'il y a des monstres ki peuvent lui sauter dessus (enclenchant une augmentation du son importante apres un long silence) ce qui va creer une difference d'environnement. apres ke le monstre est engager le combat ( et ke le son est redescenu en dessous des 100 db), il ni a plus de peur juste un leger stress de mourir et de se retaper tout le niveau.
par contre a la guerre, le fait de se faire attaquer ( pour garder l'exemple) par un monstre engendre une augmentation du rythme cardiaque, une apnée, un clignement des paupieres moins frequent etc... . au niveau psychique c encore pire, on sait que c quitte ou double, et que ce combat va engendrer de grave consequence tel que la mort. le corps et l'esprit subit un traumatisme violent.
c'est pour cela que l'on ne peut comparer jeux video et réalité, car les conséquences des actes ne sont pas appliquer sur les memes personnes. mais bon les jeux video deviennent de plus en plus réaliste, tel que hl2 qui donne envie de gerber. c'est tellement bien fait que le cerveau ne comprend pa kil arrive a se déplacer sans qque le corps ne bouge, ce qui créer un dérèglement du systeme d'équilibre de l'oreille interne, ce qui se traduit par cette envie de gerber.
ceci etant les sideration, les torpeur, les fuite vers l'avant etc... sont des fuite vers l'avant du a des traumatisme qque seul la réalité peut creer, si les jeux videos crééent de tel traumatisme je crois que se ne sera plus des JEUX videos, mais autres chose.
> Loyus
"Mais la palme revient tout de même aux américains en Irak, si ce que relate le film Jarhead est vrai (ça j'en sais rien). Que l'aviation réussisse à faire du friendly fire au sol dans des conditions aussi pépères, on imagine même pas quelle boucherie ça doit être en cas de bataille (ce qui doit renvoyer aux films sur le vietnam...)."
Ca c'est assez vrai, dans des conditions semblables à ce qu'on voit dans Jarhead. Un 1/4 des pertes US pendant la Guerre du Golfe ont été causées par un tir fratricide. Les vidéos de friendly fire aérien existent d'ailleurs, vous verrez par combien de verrous un pilote doit passer avant de tirer, pour finalement se rendre compte qu'il arrose des potes.
http://youtube.com/watch?v=RK10pqBpz8g
http://youtube.com/watch?v=3THYnJ-PK6U
Les Anglais, qui ont déjà souvent goûté à la chose, restent prudents maintenant - pendant la Guerre du Golfe, toujours elle, un A-10 a aligné un Warrior en manoeuvres avec sa section d'infanterie. On a aussi eu l'affaire "afghane" du pilote de F-16 qui a aligné des troupes canadiennes sur un champ de tir pourtant déclaré mis en place par la 101st Airborne... Souvent on fait porter le chapeau à l'AWACS et au contrôleur aérien avancé de toute façon.
On sent que l'enthousiasme retombe vite parfois...
http://youtube.com/watch?v=9YxDzunLGXQ
^^