Binouz, saussback, et clopes (le blog de DoC_FouALieR)
Retour au blog <<






Rechercher

Archives

Mai 2007

Qu'est ce qu'un militaire?

Mercredi 9 mai 2007 à 22 h 18
Il nous arrive d'avoir des cours d'éthique. Ils sont dispensés par une personne vraiment très savante du point de vue philosophique et très respectable. Il nous arrive aussi d'avoir des devoirs d'éthique, comme cette dissertation, devant apporter une réponse dans un style libre à la question "Qu'est ce qu'un militaire?" en environ 10 000 signes.

Moi j'ai fait ca:

Qu'est ce qu'un Militaire?


"La violence est le dernier refuge de l'incompétence."
Citation d'un auteur célèbre de science fiction (Isaac Asimov); je trouve étonnant le fait qu'un état (ou nation souveraine, etc.. là n'est pas la question.) en vienne à autoriser à certains de ses citoyens la transgression de ses lois les plus élémentaires, celles sur le meurtre ou la torture par exemple, pour le simple fait qu'elle a échoué dans tous les autres domaines pour garantir sa survie, ce qui nous paraît légitime, voir pour faire appliquer au monde par la force ce qu'elle juge être bon.
Cet état exceptionnel, contraste déjà avec l'état "normal" à cause de la transgression des lois élémentaires d'une société. C'est, je pense, ce que l'on nomme communément la Guerre. Et les personnes employées par l'état pour participer à cette guerre, des militaires.
Je vous fait dorénavant remarquer qu'on aborde ce concept à la manière occidentale. Cela est normal, je suis un occidental, mais il faut être très conscient qu'ailleurs sur la planète, on ne pense pas comme nous ! Ces notions d'états et de lois, de guerres et de personnels militaire sont occidentales. Autre part sur la planète, on ne juge pas comme nous le faisons, une vérité valable dans notre monde ne l'est pas forcément ailleurs.
Il ne faudrait jamais oublier cela !

De la Guerre:

Le militaire entretien donc une relation particulière par rapport à la guerre, puisqu'il est l'outil des forces en confrontations pour la conduire, il est en quelque sorte le spécialiste de cette discipline bien particulière. Un discours anarcho-pacifique ( ou autre variante) bien naïf affirmera : "Si nous supprimons les militaires et les armes, nous supprimerons donc la guerre ! ". Absurde. Supprimez les militaires, il y a aura encore des guerres, des guerres civiles, des massacres. Ailleurs sur Terre, il y a des nations, des ethnies qui n'ont pas de militaires mais qui font la guerre. Ils n'ont juste pas le même système de références que nous. Les guerres ne sont pas provoqués par des militaires mais par des forces morales (nations, groupes, ethnies, mouvements, etc...) qui ont failli à résoudre leurs conflits par des méthodes diplomatiques (cf introduction). Le militaire de carrière est donc d'abord une réponse des états bâtis sur le modèle occidental pour faire la guerre. Peut-être dans une tentative par l'Etat d'écarter d'une part les civils de la guerre, d'autre part d'avoir à sa disposition permanente des spécialistes de cet état exceptionnel de transgression des règles pour prévenir toute menace imminente requierant cet état.
Mais devons nous considérer les militaires comme de simples outils de l'état pour faire la guerre ? En effet, la manière moderne dont nous conduisons les opérations, l'emploi de systèmes complexes de commandement informatisés (les fameux systèmes C4ISR), font que les combattants à terre, en mer et dans les airs sont devenues de simples maillons de la chaîne d'information, servant tantôt de capteurs, tantôt d'effecteurs, apparaissant comme des symboles abstraits sur les écrans des systèmes de combats. La guerre moderne est donc abstraite, et il est possible de pousser cette abstraction au plus haut point. Prenons pour exemple les débuts de la campagne aérienne américaine de la Guerre du Golfe, qui fut répétée par simulations informatiques afin de déterminer les meilleurs trajectoires d'approche des F117 et F111 au travers du réseau de défense aérienne irakien. Cela tend à réduire le combattant à l'état de simple pion, certes doué d'une intelligence opérationnelle pour remplir des missions complexes, mais qui ne laisse pas de place aux questions humaines ou contraintes psychologiques. Notamment dans les combats de haute intensité, car c'est précisément là que cette abstraction est la plus efficace. Mais aussi dans les conflits dits "asymétriques" comme en Irak ou en Afghanistan où cette abstraction taillée pendant la guerre froide se trouve être un échec. Cela exige du militaire, entre autres, une force morale à toute épreuve, c'est donc cela que je vais aborder maintenant.

De la Force morale du militaire:

Je pense qu'une personne qui veut s'engager dans l'armée avec le sentiment que la guerre est désormais lointaine et qu'elle n'aura jamais à la conduire ferait mieux d'y réfléchir à deux fois. Certes la guerre paraît lointaine car nous n'avons plus de voisins belliqueux et nos intérêts vitaux semblent être hors de portée des ennemis de l'Occident, mais la guerre existe belle et bien. Ce sentiment de paix ne doit en revanche pas être aussi important dans des pays comme la Turquie, voisine de l'Iran, ou la Corée du Sud, voisine du régime de PyongYang. Rappelons aussi que des militaires français sont morts bien après la guerre froide en Irak, au Kosovo, en Côte d'Ivoire et plus récemment en Afghanistan. Pourtant l'on croit le monde en paix. L'engagement se doit donc d'être pris en pleine conscience. Si je suis militaire, je serai un jour amené à faire la guerre, peut-être. Pour ceux qui veulent absolument servir leur pays sans faire la guerre, il existe bien d'autres moyens comme les forces de l'ordres, la sécurité civile, etc...
Comme je l'ai décrit précedemment, être militaire requiert une force morale importante pour supporter à la fois le poids psychologique des opérations de haute intensité, car ce type d'opération exige du combattant d'être efficace. Mais aussi un sens aigüe des relations humaines en ce qui concerne les opérations asymétrique où des liens avec la population locale doivent être créés, afin de récolter des renseignements et d'aider au discernement, et de ne pas céder à la psychose lorsque rien ne distingue extérieurement les terroristes des "vrais" civils. Cette force morale est aussi nécessaire pour continuer le combat après la mort d'un ou plusieurs camarades, et pour affronter les horreurs du champ de bataille sans en ressortir complétement brisé.
Les traumatismes dus au stress des combats sont en effet beaucoup plus élevés que ce qu'on pourrait croire de prime abord. Le Field Manual de l'armée américaine concernant le Combat Stress fait état, lors des combats de la seconde guerre mondiale sur le front européen, qu'une personne mise hors combat sur quatre était due aux traumatismes de guerre. Et que deux Marines sur trois étaient atteint par ce mal pendant la bataille particulièrement violente d'Okinawa contre les troupes japonaises. D'où la nécessité d'être bien armé psychologiquement pour savoir faire face. Mais cela est sans doute plus simple à dire qu'à faire.
Comment réussir à renforcer ou même acquérir cette force morale?
Si vous vous êtes engagé pour servir votre pays, c'est donc que vous voulez servir les hommes qui le composent, votre nation. Donc commencez par aider votre voisin immédiat, même s'il est aussi militaire. La cohésion, l'esprit de corps sont ainsi des valeurs mais aussi des choses palpables qui aident à se forger, je pense, une force morale qui résistera aux aggressions. Lorsque les balles commencent à siffler et les avaries à s'accumuler sur les navires, vous savez que vous pouvez comptez sur vos camarades, mais nous-mêmes avons aussi cette envie de se dépasser, juste pour ne pas laisser tomber ses camarades d'à côté. Vu sous cet angle, le militaire n'est résolument pas une personne droguée à la violence, ou un psychopathe, mais au contraire un vrai altruiste, qui aime faire son métier juste pour aider le camarade d'à côté.
Je pense que la chose la plus difficile à acquérir ensuite est la clarté du jugement. Le fanatisme, la réduction simpliste de situations complexes, la perte du libre arbitre altèrent la capacité du jugement objectif. Nous devons lutter pour ne pas laisser s'installer cette sorte de voile noir qui détruit notre capacité de jugement objectif. Nous ne devons absolument pas penser que tout est partagé entre le bien et le mal, et surtout pas que nous représentons le bien. Comme je l'ai dis en introduction, nous sommes occidentaux, nous avons une conception de la société qui est nôtre, ce n'est pas le cas dans le reste du monde. Il est inévitable que des situations ambigües du point de vue éthique peuvent apparaître lors des opérations. Le soldat devra alors s'en remettre à son chef, car de la discipline qu'entretien le chef découle les limites de l'action.

Du chef :

Etre chef impose une double difficulté, non seulement ce dernier doit avoir une force morale solide en regard de ce que j'ai expliqué précèdemment, mais il doit aussi montrer la bonne voie à ses troupes, savoir effacer leurs doutes et s'assurer qu'elles ont bien compris les tenants et aboutissants de leur mission. A ce rôle fédérateur doit s'ajouter la capacité de contrôle des troupes, s'exerçant au travers de la discipline, car il doit aussi s'assurer que ses directives soient suivies mais surtout que les "dérapages" concernant les règles d'engagements et certaines situations ambigües soient évités.
Cela implique une formation très solide et très juste des chefs. Je pense que la sensibilisation aux problèmes éthiques que posent les conflits modernes est nécessaire, mais que le futur chef la recevant doit savoir garder un oeil critique sur ce type de formation et, se faisant, sélectionner de lui-même les ouvrages et exemple dont il abreuve sa réflexion. Si les ouvrages lui sont imposés, cela pourrait mener à des chefs aux reflexions préformées, voir des chefs conditionnés. Dans cette même optique, il faut encourager la créativité et l'esprit d'initiative des futurs chefs car cela amène à la maîtrise des éléments que le chef est amené à manipuler ainsi qu'une adaptation plus rapide aux nouvelles situations. Il convient ici de rappeler que c'est ce manque de confiance en la créativité des nouveaux chefs que nous a mené aux échecs militaires des deux guerres mondiales.
Le chef se doit donc d'être compétent, pas uniquement pour sa fierté personnelle, car de ses décisions dépendent la vie de ses hommes. Il ne doit alors négliger aucun effort pour parfaire sa maîtrise du commandement militaire, comme Clémenceau l'a laissé entendre : "La somme de grands efforts est souvent perdue car un dernier petit effort n'a pas été fait."

Je suis bien conscient que je n'ai pas pu répondre complètement à cette question du "Qu'est ce qu'un militaire ? "; cependant je me suis appliqué à exposer ma réflexion quant à sa relation avec la guerre en occident et aux grands traits que ce métier bien particulier requiert, mais il reste bien d'autres aspects qui méritent éclaircissement.

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Et vous, qu'auriez vous répondu?
30 commentaires, dernier de LSD.

Pour en finir avec le nucléaire et le chômage.

Jeudi 3 mai 2007 à 15 h 01
Moi je propose une solution radicale pour s'affranchir du nucléaire, des problèmes énergétiques, et du chômage/des SDF, usw...

Il suffit d'employer tous les chômeurs dans des grands hangars où ils n'auront qu'à pédaler pour produire du courant électrique. Emploi simple ne requirant pas de diplôme, pollution minime.