Les enjeux d'une vie banale sans aucun évènement notable. (le blog de DeaThBLow)
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Janvier 2005

tr3p m'a tué

Vendredi 28 janvier 2005 à 23 h 03
Nan, je déconne.

S'il est effectivement prof, il est mon ennemi. le genre de mec que je rencarde quotidiennement mais qui se sent obligé d'en faire une chier pour essayer d'extérioriser sa supériorité intellectuelle à la con. Car, comme l'a si bien une des pétasses de loft story 2, "la culture et l'intelligence sont deux choses différentes (!!)." La culture, c est ce que tu réussi a avoir a force de lire des bouquins chiants ou en regardant Arte, alors que l'intelligence, ca vient naturellement, en bloc, un peu comme la merde ou des trucs qui sortent de la bouche après une soirée beuverie chez les gens de nofrag... ou d'ailleurs.

Tr3p est donc mon ennemi : le prof à la con dans une ZEP quelconque qui survit dans l'enseignement malgré le fait qu'il soit pas titularisé... pas de bol, valait mieux signer ches les Atoss.

Cela dit, je trouve un plaisir sadique à le voir s'acharner sur quelque chose... actuellement mon blog de merde, sur un site de merde, sur le net de merde, dans une vie de merde.

Je vais écouter Creep tiens... Sauf que je suis pas célèbre... Du coup je vais moins faire de stats que le blog de sebansky.

Cédric D.: actuellement à Bonne Nouvelle pour meurtre.

Vendredi 7 janvier 2005 à 23 h 53
Quand j’étais jeune, j’étais un enfant que n’importe quels parents auraient souhaité donner, avec de l’argent, pour être sûr de s’en débarrasser… Quoique ma mère m’aimait bien à l’époque, mais maintenant, elle aime surtout ses petits enfants. Quand je suis tombé dans ma période d’ado rebelle (je n’en suis toujours pas sortit, ça fait une grosse dizaine d’année que ça dure), forcément, ça a fait de grosses étincelles avec le reste du monde. C’est pendant cette période, alors que j’avais environ 17 ans, que j’ai connu Cédric, une espèce de loque humaine qui m’inspirait une profonde sympathie, et ça continue encore aujourd’hui.

Je devais cette rencontre à Guillaume, le DJ dont j’ai déjà parlé plus bas. Ils étaient tous les deux en plein dans les études, dans un stage de remise à niveau de l’AFPA ou de la mission locale de ma ville… peu importe. Cédric avait 21 ans, quatre ans de plus que moi. Heureusement pour moi, tous mes amis de l’époque avaient un quotient intellectuel qui frisait celui de tr3p… un truc dans les 20, 25. Je passais donc pour l’intellectuel de service, celui qui savait manigancer des plans, celui sur qui il fallait compter pour calculer qu’avec 350 balles, on pouvait s’acheter un 10G et une bouteille de sky chez l’arabe du coin. J’étais un élément important d’une bande de ratés, et mine de rien, j’étais très fier de ce que j’étais.

Cédric avait eu une enfance difficile : un père alcoolique et violent, une mère qui pensait surtout à sa jeunesse fauché avant l’age et qui se foutait pas mal de ses progénitures. A sa majorité, l’armée demanda gentiment à Cédric de rappliquer pour une longue et douloureuse année à faire des courbettes en tant que bitos de service. Le tempérament de Cédric eu vite fait de régler le problème : il se cassa de l’armée au bout de trois semaines, mais étant donné qu’il était activement recherché par tout un tas de gens, et pas seulement par l’état, il commença a squatter les caves de la cité du coin et à y dormir. Mine de rien, même si la racaille le prenait pour un clodo, il était aussi craint par la plupart des branleurs de la ville. Quand Cédric était là, les branleurs de service allaient jouer ailleurs… en y réfléchissant maintenant, je ne sais pas si c’était à cause de l’odeur ou s’il imposait de par sa simple présence, mais peu importe, quand Cédric était là, on était pas emmerdé, et ça nous suffisait largement à continuer de traîner avec lui. Surtout que dans sa clodo attitude, il avait ce petit quelque chose d’attachant, une sorte de grand frère version côté obscure, le mec qu’on se doit de ne surtout pas présenter à sa mère à moins d’avoir un goût prononcé pour le risque. Pourtant ma mère l’a rapidement adopté, elle a essayé de l’aider à sa façon, en lui offrant le gîte et le couvert… c’était un pauvre gars qui n’avait pas eu de chance jusqu’ici, mais il ne faisait pas pitié pour autant, on avait juste envie de l’aider, en espérant qu’il accepte notre aide.

N’empêche que j’ai traîné avec ce mec pendant pas mal de temps, en faisant parfois de grosses conneries, le genre de conneries qui me rendraient dingue si mon fils ou ma fille faisaient les même. A 19 ans, je me suis tiré quelques mois dans le sud pour faire une pause. Je ne gardais pas spécialement de contacts avec mes anciens potes, mais j avais toujours quelques échos sur des trucs importants : untel a arrêté les conneries et s’est trouvé une nana avec qui il vit, machin s’est fait bannir de Rouen pour agression… Le truc qui m’a le plus marqué, c’est l’arrestation de Cédric pour meurtre. Après avoir lu les journaux que ma vieille mère n’avait pas manqué de m’envoyer, je pouvais lire un truc du genre « Cédric Dum... et son frère sont les principaux suspects dans le meurtre d’un handicapé blablabla ». L’histoire, en revenant en Normandie, on me l’a rapidement raconté :
Cédric avait laissé son chien chez un mec paraplégique. Le chien gueulait tellement que l’handicapé avait appelé la SPA pour que le chien dégage. Quand Cédric est revenu avec son frère, complètement bourrés, il était vraiment furax d’apprendre que le clébart était à la SPA. Alors pour passer le temps, il explosa la gueule de l’handicapé… sans se rendre compte qu’il était en train de le tuer. Il a été arrêté et placé en garde à vue pour ainsi dire sur le champ. Cela dit il a été relâché en attendant le procès, mais restait pourtant en ville… en attendant d’être accusé et condamné pour meurtre. Mon ex de l’époque, qui est actuellement ma femme, l’avait même vu à la gare de Rouen en train de se murger la tête, une bouteille de sky à la main, dans ses fringues crades. C’était toujours le même, pas de doute.

L’anecdote, c’est dans le Paris Normandie qu’on pouvait la lire : Lors du procès, pendant une pause, Cédric s’était fait la belle. Tous les flics étaient à sa recherche et au bout de quelques heures ils retrouvèrent mon pote, accoudé au comptoir du bar le plus proche du tribunal, en train de se siffler une bière. Il avait pas l’intention de se barrer : pour aller où ? Dans une cave ?

Il purge aujourd’hui sa peine à la prison de Bonne Nouvelle, à Rouen… et si j avais des couilles, peut être que je lui aurais au moins écris une lettre.
11 commentaires, dernier de jerrr.

Mon pote le dj

Vendredi 7 janvier 2005 à 20 h 35
J’ai fais mes courses à Atac aujourd’hui, enfin, quand je parle de courses, je parle surtout des trois canettes d’un demi litre chacune contenant un breuvage résolument dégueulasse, à base de mousse, d’alcool et d’un peu de bière, le tout pour 11.6% de bonheur qui viendront s’ajouter à la graisse qui s’accumule dans mon bide… pourvu que ça puisse me flinguer quelques neurones, c’est tout ce que je demande.

Quand je repense a mardi dernier, jour de bouclage chez zedeathtouch.net, je me dis que c’est difficile de travailler avec des crétins, à croire que j’ai toujours su m’entourer. Ca me rappel un vieux pote, Guillaume. Ce mec avait 3 ans de plus que moi, il les a sûrement toujours s’il n’est pas mort d’une quelconque maladie à base de tumeur. En tous cas, c’est sûr, il n’a pas pu mourir du Sida, avec la gueule qu’il avait, quoiqu’il a très bien pu finir camé, c’est qu’il avait pas grand-chose pour lui. Guillaume, donc. Ce mec me faisait plutôt marrer. Il voulait être DJ, alors il organisait des booms chez lui, enfin chez ses parents : des alcooliques notoires que rien ne pouvait plus réveiller après quelques litrons de rouge. Je devais avoir 15 ans. Ce qui caractérisait le plus les booms de Guillaume, c’était qu’on dépassait difficilement les 3 personnes dans sa piaule minable en plein centre ville. Une de mes nanas, moi et… Guillaume. On appréciait alors ses talents de DJ sur du bon son malheureusement remixé « à la Guillaume ». C’est qu’il avait du talent, mon DJ, pour transformer un morceau populaire en une merde infâme plus du tout commerciale.

Et puis j’ai grandi, et Guillaume aussi. Je continuais de le voir de temps en temps, pourvu qu’il ne mixe pas et qu’il me conduise chez des amis à lui chez qui je pouvais me rincer la gueule et fumer de la weed gratos, c’était d’autant plus sympa que lui-même de fumait pas. Pas de bol, parfois, les gens aimaient voir Guillaume mixer… pas pour mettre l’ambiance ou danser sur No Limit, juste pour se foutre de sa gueule, pauvre Guillaume. Comme le temps passait et qu’aucune nana n’avait l’intention de se rapprocher de ce gigantesque crétin d’un mètre quatre vingt quinze (c’est qu’il était grand, le Guillaume), il tenta le tout pour le tout : séduire une amatrice des soirées défonces. Tout y passé, jusqu’à son dernier tourne disque, pour essayer de soudoyer la gazelle en la faisant fumer de l’herbe bon marché. La légende dit qu’il aurait réussi a lui extorquer un baisé, profitant de l’effet de l’herbe pour la coincer dans un couloir. Et puis Guillaume fini par vendre son dernier vynil de Cool and The Gang, une édition collector, signée de la main de je ne sais quel escroc, pour réapprovisionner la gazelle en beuh. Elle partit quelques jours après, elle s’appelait Karine. Quelques années plus tard, quand j’ai revu ce grand imbécile qui logeait dans une cité HLM d’une ville classée tout entière comme Zone A Risque, je n’ai pu m’empêcher de penser à ses soirées minables où je forniquait tranquillement avec ma nana du moment, sur un mauvais mixe de Mickael Jackson. Guillaume vivait toujours seul, et c’était très bien comme ça, rapport avec la reproduction et les les trucs héréditaires…