Comprendre les dettes publiques...
Samedi 5 mai 2007 à 07 h 09
Voici un article interessant qui permet de comprendre le mecanisme de fabrication de la dette publique. Cet article nous fait egalement comprendre qu'elle ne sera jamais remboursable. Le modèle décrit dans cet article est-il une bonne approche de la réalité ?
(vu sur http://www.michaeljournal.org/sign34.htm)
Extrait :
(Article d’Alain Pilote, paru dans Vers Demain de juin-juillet 1986.)
Tous les pays du monde sont actuellement aux prises avec un problème d'endettement. En 2004, la dette du gouvernement canadien dépasse les 500 milliards $, et celle des Etats-Unis dépasse les 7000 milliards $. Pourquoi tous les pays sont-ils endettés? C'est bien simple: c'est que dans le système actuel, tout argent vient au monde sous forme de dette, et qu'il est impossible de rembourser la dette totale du pays. Cela peut facilement être démontré de façon mathématique, comme le démontre l'exemple qui suit.
L'Ile des Naufragés
Dans toute société, le système économique peut être divisé en deux: système producteur et système financier. C'est l'exemple de la parabole de L'Ile des Naufragés, de Louis Even: d'un côté, cinq naufragés sur une île, qui produisent les différentes choses nécessaires à la vie; et de l'autre, un banquier qui leur prête de l'argent. Pour simplifier notre example, disons qu'il y a un seul; emprunteur au nom de toute la communauté, que nous appellerons Paul.
Paul décide, au nom de la communauté, d'emprunter du banquier un montant suffisant pour faire marcher l'économie sur l'île, disons 100 $, à 6% d'intérêt. A la fin de l'année, Paul doit rembourser l'intérêt de 6% à la banque, soit 6 $. $100 moins 6 $ = 94 $, il reste donc 94 $ en circulation sur l'île. Mais la dette de 100 $ demeure. Le prêt de 100 $ est donc renouvelé, et un autre 6 $ doit être payé à la fin de la deuxième année. 94 $ moins 6 $, il reste 88 $ en circulation. Si Paul continue ainsi à payer 6 $ d'intérêt à chaque année, au bout de 17 ans, il ne restera plus d'argent sur l'île. Mais la dette de 100 $ demeurera, et le banquier sera autorisé à saisir toutes les propriétés des habitants de l'île.
La production de l'île avait augmenté, mais pas l'argent. Ce ne sont pas des produits que le banquier exige, mais de l'argent. Les habitants de l'île fabriquaient des produits, mais pas d'argent. Quand bien même les cinq habitants de l'île travailleraient jour et nuit, cela ne fera pas apparaître un sou de plus en circulation. Seul le banquier a le droit de créer l'argent. Il semblerait donc que pour la communauté, il n'est pas sage de payer l'intérêt annuellement.
Reprenons donc notre exemple au début. A la fin de la première année, Paul choisit donc de ne pas payer l'intérêt, mais de l'emprunter de la banque, augmentant ainsi le prêt à 106 $. (C'est ce que nos gouvernements font, puisqu'ils doivent emprunter pour payer seulement l'intérêt sur la dette.) «Pas de problème, dit le banquier, cela ne représente que 36¢ de plus d'intérêt, c'est une goutte sur le prêt de 106 $!» La dette à la fin de la deuxième année est donc: 106 $ plus l'intérêt à 6% de 106 $ — 6,36 $ — pour une dette totale de 112,36 $. Au bout de 5 ans, la dette est de 133,82 $, et l'intérêt est de 7,57 $. «Pas si mal, se dit Paul, l'intérêt n'a grossi que de 1,57 $ en 5 ans.» Mais quelle sera la situation au bout de 50 ans?

La dette augmente relativement peu les premières années, mais augmente ensuite très rapidement. A remarquer, la dette augmente à chaque année, mais le montant original emprunté (argent en circulation) demeure toujours le même: 100 $. En aucun temps la dette ne peut être payée, pas même à la fin de la première année: seulement 100 $ en circulation et une dette de 106 $. Et à la fin de la cinquantième année, tout l'argent en circulation (100 $), n'est même pas suffisant pour payer l'intérêt sur la dette: 104,26 $.
Tout l'argent en circulation est un prêt, et doit retourner à la banque grossi d'un intérêt. Le banquier crée l'argent et le prête, mais il se fait promettre de se faire rapporter tout cet argent, plus d'autre qu'il ne crée pas. Seul le banquier crée l'argent: il crée le capital, mais pas l'intérêt (Dans l'exemple plus haut, il crée 100 $, mais demande 106 $). Le banquier demande de lui rapporter, en plus du capital qu'il a créé, l'intérêt qu'il n'a pas créé, et que personne n'a créé.
La dette publique est faite d'argent qui n'existe pas, qui n'a jamais été mis au monde, mais que le gouvernement s'est tout de même engagé à rembourser. C'est un contrat impossible, que les financiers représentant comme un «contrat saint» à respecter, même si les humains dussent en crever.
(vu sur http://www.michaeljournal.org/sign34.htm)
Extrait :
(Article d’Alain Pilote, paru dans Vers Demain de juin-juillet 1986.)
Tous les pays du monde sont actuellement aux prises avec un problème d'endettement. En 2004, la dette du gouvernement canadien dépasse les 500 milliards $, et celle des Etats-Unis dépasse les 7000 milliards $. Pourquoi tous les pays sont-ils endettés? C'est bien simple: c'est que dans le système actuel, tout argent vient au monde sous forme de dette, et qu'il est impossible de rembourser la dette totale du pays. Cela peut facilement être démontré de façon mathématique, comme le démontre l'exemple qui suit.
L'Ile des Naufragés
Dans toute société, le système économique peut être divisé en deux: système producteur et système financier. C'est l'exemple de la parabole de L'Ile des Naufragés, de Louis Even: d'un côté, cinq naufragés sur une île, qui produisent les différentes choses nécessaires à la vie; et de l'autre, un banquier qui leur prête de l'argent. Pour simplifier notre example, disons qu'il y a un seul; emprunteur au nom de toute la communauté, que nous appellerons Paul.
Paul décide, au nom de la communauté, d'emprunter du banquier un montant suffisant pour faire marcher l'économie sur l'île, disons 100 $, à 6% d'intérêt. A la fin de l'année, Paul doit rembourser l'intérêt de 6% à la banque, soit 6 $. $100 moins 6 $ = 94 $, il reste donc 94 $ en circulation sur l'île. Mais la dette de 100 $ demeure. Le prêt de 100 $ est donc renouvelé, et un autre 6 $ doit être payé à la fin de la deuxième année. 94 $ moins 6 $, il reste 88 $ en circulation. Si Paul continue ainsi à payer 6 $ d'intérêt à chaque année, au bout de 17 ans, il ne restera plus d'argent sur l'île. Mais la dette de 100 $ demeurera, et le banquier sera autorisé à saisir toutes les propriétés des habitants de l'île.
La production de l'île avait augmenté, mais pas l'argent. Ce ne sont pas des produits que le banquier exige, mais de l'argent. Les habitants de l'île fabriquaient des produits, mais pas d'argent. Quand bien même les cinq habitants de l'île travailleraient jour et nuit, cela ne fera pas apparaître un sou de plus en circulation. Seul le banquier a le droit de créer l'argent. Il semblerait donc que pour la communauté, il n'est pas sage de payer l'intérêt annuellement.
Reprenons donc notre exemple au début. A la fin de la première année, Paul choisit donc de ne pas payer l'intérêt, mais de l'emprunter de la banque, augmentant ainsi le prêt à 106 $. (C'est ce que nos gouvernements font, puisqu'ils doivent emprunter pour payer seulement l'intérêt sur la dette.) «Pas de problème, dit le banquier, cela ne représente que 36¢ de plus d'intérêt, c'est une goutte sur le prêt de 106 $!» La dette à la fin de la deuxième année est donc: 106 $ plus l'intérêt à 6% de 106 $ — 6,36 $ — pour une dette totale de 112,36 $. Au bout de 5 ans, la dette est de 133,82 $, et l'intérêt est de 7,57 $. «Pas si mal, se dit Paul, l'intérêt n'a grossi que de 1,57 $ en 5 ans.» Mais quelle sera la situation au bout de 50 ans?

La dette augmente relativement peu les premières années, mais augmente ensuite très rapidement. A remarquer, la dette augmente à chaque année, mais le montant original emprunté (argent en circulation) demeure toujours le même: 100 $. En aucun temps la dette ne peut être payée, pas même à la fin de la première année: seulement 100 $ en circulation et une dette de 106 $. Et à la fin de la cinquantième année, tout l'argent en circulation (100 $), n'est même pas suffisant pour payer l'intérêt sur la dette: 104,26 $.
Tout l'argent en circulation est un prêt, et doit retourner à la banque grossi d'un intérêt. Le banquier crée l'argent et le prête, mais il se fait promettre de se faire rapporter tout cet argent, plus d'autre qu'il ne crée pas. Seul le banquier crée l'argent: il crée le capital, mais pas l'intérêt (Dans l'exemple plus haut, il crée 100 $, mais demande 106 $). Le banquier demande de lui rapporter, en plus du capital qu'il a créé, l'intérêt qu'il n'a pas créé, et que personne n'a créé.
La dette publique est faite d'argent qui n'existe pas, qui n'a jamais été mis au monde, mais que le gouvernement s'est tout de même engagé à rembourser. C'est un contrat impossible, que les financiers représentant comme un «contrat saint» à respecter, même si les humains dussent en crever.
Quelque chose que je ne comprends pas: seul les états peuvent imprimer de la monnaie, non? Alors pourquoi l'état ne peut-il pas éponger sa dette en imprimant un peu plus que l'année dernière (genre, juste assez pour payer les intérêts) ?
(parce si tu imprimes beaucoup de billets, le papier coute très très cher du coup les billets te font perdre de l'argent. l'autre moyen serait de faucher les billets d'autres pays, hold up nationaux etc, mais malheureusement les autres pays n'ont pas les mêmes billets que nous ; ce sont des étrangers et ils font tout autrement que nous).
(ou un truc du genre).
à la quantité de monaie en circulation correspond une quantité d'or de même valeur. Si tu imprimes plus de billets, forcémment le cours de ta monnaie baisse par rapport à l'or... donc aux autres monnaies basée sur le même système. On ne peut pasimprimer "gratuitement" 6% de billet supplémentaire, ça représente une masse de monnaie trop importante. Dans ce cas pourquoi ne pas imprimer une multitude de billets et les donner aux plus pauvres pour qu'ils deviennent riches ? si on fait cela la monnaie perd de sa valeur et tu te retrouveras à payer ta baguette de pain avec des billets de 100 Euros. J'oubliais aussi l'aspect Euro. La France détient une quantité d'euros définie au niveau Européén. Elle ne peut en aucun cas en avoir plus... du moins je pense.
Si il y a des experts en finance / économie qui passent par là, ce serait bien d'avoir vos avis. Merci.
Ca j'imagine que c'est faut, ça empécherai la France de s'enrichir ...
Mais il faut bien comprendre le principe de la monnaie. L'argent ne se suffit pas à lui-même, il y a quand même une notion derrière, une représentation. L'argent représente et symbolise un travail. L'argent a été créé (je vulgarise) pour pouvoir échanger un travail contre un bien ou un service, en l'occurrence, la représentation de ce travail, la concrétisation "palpable" de cette notion abstraite de travail.
C'est pourquoi, rien que dans le principe, il est ridicule de vouloir imprimer de l'argent qui n'a aucune signification, qui ne représente rien, "juste pour".
De plus, cet argent n'a pas de contrepartie. La création monétaire se fait notamment sous forme de créances, c'est donc une monnaie qui a une contrepartie.
L'impression de billets n'est pas une création monétaire, c'est juste une création de monnaie fiduciaire illégitime car sans contrepartie.
J'avais appris à peu près pareil que toi CampyLo.B.
Enfin, j'avais avant appris que l'économie, c'est compliqué et que toute réponse simple en économie est forcément une mauvaise réponse (car elle ne prend pas en compte la complexité des phénomènes à l'oeuvre).
Sinon, les monnaies ne sont plus alignés sur l'étalon-or depuis 44 (Bretton Woods - en fait, on peut gager une monnai sur l'or, mais seulement le dollar) et ce ne sont pas les états qui peuvent imprimer des billets mais les banques centrales (qui peuvent être sous "tutelles" de l'Etat, et qui le sont mêmes le plus souvent).
Les Banques Centrales ont seulement des devises dans leurs fonds et non plus de l'or. Cela avait été fait parce que la production mondiale d'or ne permettait plus de subvenir au besoin du commerce et lié à l'investissement (l'URSS, qui était hors jeu, avait une grosse partie de l'or) et aussi parce que la monnaie britannique ne pouvait plus seconder l'or (déclin de l'empire etc).
Aussi, comme le dit bien mess, l'argent est devenu des idées et des images. C'est la monnaie fiduciaire (billets & pièces), elle est basée sur la confiance.
Tout est question d'équilibre une fois de plus.
edit: plus-value-> valeur ajouté, putin l'apéro...
Je suis pas tout à fait d'accord avec le principe de l'île : Si aucune richesse n'est crée, cela signifie que les habitants vivent dans une société du genre collectiviste et s'échange des menus services contre d'autre service. (Paul le fermier paye la réparation de son toit à Pierre le maçon en kilos de tomate.) Le simple fait qu'il y ait de l'argent en circulation et l'exploitation du milieu naturel crée de la richesse. Il y aura de plus en plus de richesse matérielle pour toujours autant d'argent, qui prendra donc énormément de valeur jusqu'au plafond d'activité, c'est à dire que hormis les besoin naturels et dépense exceptionnelles les gens n'ont plus besoin d'autres choses. Les gens auront donc de moins en moins besoin d'argent jusqu'au plafond, que l'on nomme "stagnation". Le seul moyen d'enrayer la deflation est de frapper monnaie, le banquier est donc obligé de remmettre "gratuitement" de l'argent en circulation pour ne pas se retrouver bloqué. Les cents dollards deviennent donc dérisoire face à la masse d'argent en circulation au final, et le pret est aisément remboursé.
Evidemment la croissance est rarement suffisante pour effacer completement le coût de la dette (les intéret). C'est même l'inverse qui se produit : ce sont les taux d'intéret qui dictent une grande partie de l'économie : plus ils sont faibles, plus l'argent généré pourra être ré-investi, mais moins le système bancaire sera efficace. C'est pour ça, par exemple, que tous les investisseur américains attendent chaque année la bave aux levres les taux officiels de la Reserve Federale pour savoir si leurs investissements seront rentables et viables.
Mais bon, dans tous les cas les banquiers vous baisent.
Toutes les théories economistes à la con qui se basent uniquement sur l'argent, et tout système qui se base uniquement sur l'argent est biaisé.
Il faudrait au moins prendre en compte le nombre de gens qui utilise la même monnaie et le pourcentage d'échanges "non financier" (aussi bien le troc de bien que de services).
Par exemple depuis 1900 on est 6 fois plus sur terre qu'avant. Y a t-il 6 fois plus d'argent ou est on 6 fois plus pauvre ? Ou dans quel sens s'est fait l'évolution ?
Pour repondre à la question de campylo.b ("comment un pays s'enrichit-il ? qu'est-ce qu'un pays qui s'enrichit ? est-ce lié à la circulation de la monnaie ?"), un pays s'enrichit en créant de la valeur, c'est à dire en fournissant du travail. Ce n'est pas quelque chose que l'on peut forcément mesurer avec des indicateurs monetaires, parce que la politique monetaire est gérée un peu différemment (note pour Wooden : les deux plus grosses banques centrales, l'americaine FED et l'européenne BCE, ne sont plus sous tutelle de l'etat).
Autrement dit Campylo.b, le principe est qu'un un pays peut etre riche sans argent fiduciaire (pieces / billets / etc.). Mais en pratique tous les pays utilisent de l'argent parce que c'est pratique pour plein de raisons (fonction d'echange de valeur - libere du troc "mon cageot de tomates contre la réparation de mon toit" -, stockage de valeur, etc.)
Du coup pour mesurer la création de valeur entre deux pays, on observe l'echange de biens entre eux. Par exemple, pour mesurer le rapport de création de valeur entre les USA et l'Alemagne, on ne va pas s'interesser au cours US Dollar / Deutsch Mark, mais regarder combien de Mercedes on obtient pour un ordinateur IBM (à l'époque ou IBM était encore américain) au fil du temps. C'est tres schematique, mais l'idée est là : la création de valeur, c'est la production de bien (le cageot de tomate) ou de service (la réparation du toit). L'argent n'est là que pour fluidifier l'economie (même si il peut avoir d'autres fonctions, et être également à l'origine de création ou de destruction de valeur).
Corollaire : travailler, c'est lutter contre la misère...