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Janvier 2008
[culture] La réforme
Vendredi 11 janvier 2008 à 17 h 28
Nous vivons, souvent sans le savoir ou sans le reconnaitre a sa juste valeur, dans un environnement ayant évolué par acoups dans la violence et parfois meme le sang. C'est pour cela que je vous propose un peu de culture sur "le Vatican des protestants".
La réforme
L'unité de la chrétienté est brisée
Enraciné dans les hérésies médiévales et dans l'humanisme chrétien, le mouvement réformateur fondé au XVI e siècle par le moine allemand Martin Luther s'étend rapidement en Europe: il est implanté à Zurich par Ulrich Zwingli, à Strasbourg par Martin Bucer, puis à Genève par Jean Calvin, un réformateur de la deuxième génération, qui va contribuer à son extension dans plusieurs pays de l'Ouest et du Centre européens. Les Eglises issues de la Réforme divergent de l'Eglise catholique autant par leur organisation que par leurs positions doctrinales.

L'imprimerie favorisant la diffusion des principaux écrits de ses animateurs, la Réforme, née dans l'espace germanophone, ne s'arrête pas aux frontières linguistiques.
Au début de la seconde moitié du XVIe siècle, l'unité de la chrétienté occidentale est durablement brisée: la paix d'Augsbourg (1555) marque l'acceptation de la division confessionnelle de l'Empire germanique. L'anglicanisme triomphe outre-Manche à partir de 1558, et le presbytérianisme en Ecosse en 1560. En France, la présence d'une minorité active de protestants conduit aux guerres de Religion (1562-1598). Ce pluralisme conflictuel des religions va constituer un élément déterminant de la modernité occidentale.
Dès les premiers siècles du christianisme, une ligne de partage se forme entre une orthodoxie doctrinale, affirmant être seule apte à définir les vérités scripturaires, et diverses hérésies.
L'émergence de la Réforme
Le premier réformateur, Martin Luther (1483-1546), adopte sans concession une nouvelle optique: pour lui, «le Christ est le centre du cercle à partir duquel tout le cercle est tracé». L'unité des textes bibliques se fonde sur la personne et l'œuvre de Jésus-Christ. La Bible a une autorité propre, et ni le pape ni même un concile ne sauraient en donner une interprétation infaillible (thèse dirigée contre un courant conciliaire important au sein de l'Eglise au XV e siècle). Mais certains humanistes chrétiens, tout en étant proches des positions du réformateur, n'osent pas rompre avec l'Eglise catholique. Ce fut le cas de Lefèvre d'Etaples - premier traducteur français de l'ensemble de la Bible -, qui se réfugie à la fin de sa vie dans le silence. Un autre réformateur, Jean Calvin (1509-1564), va s'opposer avec force à ces «moyenneurs» (ou «nicodémites», du nom de Nicodème, qui vint trouver Jésus la nuit pour ne pas se compromettre), les traitant de chrétiens inconséquents.
A la fin du Moyen Age et au XVI e siècle, de nombreux mouvements de réforme ont considéré, en fait, la Bible comme une sorte d'instance d'appel face aux «infidélités» ou aux «déviances» de l'Eglise. Mais l'un d'entre eux - désigné classiquement comme la Réforme - constitue un cas particulier, en raison de deux aspects spécifiques: d'une part, ce mouvement assume la rupture au sein de l'Eglise d'Occident et transforme une contestation menée à l'intérieur de l'Eglise catholique en protestation agissant en dehors d'elle; d'autre part, contrairement aux «hérésies» médiévales, la Réforme n'a pas été vaincue et la rupture qu'elle a introduite ne fut pas résorbée. Certes, malgré leurs espérances, les réformateurs n'ont pas réussi à entraîner à leur suite l'ensemble du christianisme occidental. Or, s'ils n'ont pas complètement gagné, ils ont cependant triomphé dans plusieurs régions ou pays. La scission s'est avérée durable, obligeant l'Occident à faire progressivement l'expérience du pluralisme religieux.
Le début de tous les grands mouvements sociaux qui conduisent au bouleversement d'un ordre ancien est toujours établi plus ou moins arbitrairement par leurs héritiers. De même que la prise de la Bastille a été choisie comme acte fondateur de la Révolution, le début de la Réforme est fixé par les Eglises qui en sont issues au 31 octobre 1517, date de la publication des «95 thèses» sur «la vertu des indulgences» rédigées par Martin Luther.
La polémique de Luther
Vendues pour financer la reconstruction de la basilique Saint-Pierre de Rome, les indulgences étaient censées permettre la remise de peine pour certains péchés. Les historiens contemporains ont relativisé le coup d'éclat attribué aux 95 thèses en faisant remarquer que l'usage permettait à tout docteur en théologie de susciter une discussion publique sur une question controversée. De plus, Luther n'avait alors nullement la prétention de révolutionner l'Eglise: il voulait simplement rappeler un enseignement traditionnel, selon lequel Dieu seul peut pardonner aux pécheurs qui se repentent de leur faute.
Un chef religieux populaire
Les 95 thèses et le «sermon sur la grâce et l'indulgence», où Luther explicita sa position l'année suivante, très largement diffusés, firent de leur auteur non plus seulement un théologien savant mais un chef religieux contestataire, et à ce titre, très populaire. En effet, sans l'avoir nécessairement cherché, Luther atteignait un double but. D'une part, il mettait indirectement en cause la papauté: la critique des indulgences concernait implicitement le pape, qui s'était servi de cette campagne (en prétendant détenir le pouvoir d'abréger les souffrances des âmes des défunts) pour réaffirmer une autorité affaiblie depuis cent cinquante ans et pour créer une source non négligeable de revenus. D'autre part, cette critique entamait la piété populaire née de la hantise de la mort et de la peur de l'au-delà, principales responsables du succès de la vente des indulgences. A cette foule de fidèles en quête de sécurité spirituelle, Luther voulait offrir une nouvelle rationalité religieuse, fondée sur la confiance en un Dieu miséricordieux et répondant en même temps aux nouveaux besoins religieux des lettrés, notamment des élites urbaines.
La radicalisation des positions
Le succès rencontré par Luther ne pouvait laisser Rome indifférente. Comme à l'accoutumée, une procédure fut engagée pour obtenir du déviant la rétractation de ses «erreurs» et, si ce but n'était pas atteint, l'excommunier. Après une première audition en avril 1518, Luther fut accusé, en juin, d'hérésie et de crime de lèse-papauté.
Mais l'appui de son prince, Frédéric le Sage, favorisa la poursuite des tractations. Pourtant, la position de Luther se radicalisait de plus en plus: en octobre 1518, il affirmait que non seulement un concile, mais même un simple fidèle pouvait convaincre le pape d'erreur s'il était en mesure de s'appuyer sur le témoignage de la Bible; en juillet 1519, il précisait qu'un concile pouvait également se tromper et que l'Eglise n'avait nullement besoin d'un chef terrestre puisque le Christ se trouvait à sa tête. Un traité (Sur la papauté de Rome) popularisa cette nouvelle position. C'en était trop: le 15 juin 1520, dans la bulle Exsurge Domine, Léon X sommait Luther de se rétracter, sous peine d'être excommunié.
La propagation des idées de Luther
Près de trois ans s'étaient écoulés depuis la parution des 95 thèses, mais ce délai n'avait rien d'inhabituel. C'est l'invention récente de l'imprimerie qui changeait complètement le cours normal des choses: en trois ans, un mouvement d'opinion s'était créé. Plusieurs centaines de milliers d'exemplaires des écrits de Luther avaient été diffusés et avaient obtenu un impact grandissant. Grâce à la fréquente lecture à haute voix des ouvrages du moine augustin, même les illettrés pouvaient y accéder.

L'écho rencontré par Luther était énorme dans l'espace germanophone, et au moment où l'anathème fut définitivement prononcé contre lui et ses partisans (3 janvier 1521, bulle Decet romanum pontificem) des traductions en néerlandais, en tchèque et en français circulaient sous le manteau, permettant à des non-latinisants de prendre connaissance des écrits du novateur.
Contrairement à la situation qui prévalait aux siècles précédents, la papauté ne se trouvait donc pas face à un «hérétique» et à un nombre limité de disciples, mais devant un vaste mouvement religieux qui était en train de gagner des partisans dans toute la chrétienté occidentale.
L'importance de la Bible
Naturellement, chaque courant qualifié d'hérétique estimait que ses croyances étaient conformes au message de la Bible. Très vite, il ne fut pas seulement reproché aux «hérétiques» de se tromper dans l'interprétation des textes bibliques: c'est le fait même d'avoir recours à la Bible pour défendre des doctrines autres que l'enseignement dominant de l'Eglise qui était contesté. Ainsi, pour certains Pères de l'Eglise, la seule instance qui puisse légitimement interpréter les Ecritures est l'Eglise, qui possède des caractéristiques surnaturelles (succession des ministres depuis les Apôtres, unanimité, dépôt légitime de la Tradition) qu'elle a reçues du Saint-Esprit. La plupart des hérésies furent alors vaincues par cet argument.
Une nouvelle lecture des Saintes Ecritures
Au début du XVI e siècle, sous l'influence de l'humanisme chrétien, l'élite intellectuelle de l'Europe occidentale prend conscience de la distance qui sépare l'Eglise d'alors de la primitive Eglise. Ouvrant en faveur d'un retour aux sources, un biblisme savant se propage, fort critique à l'égard de la théologie universitaire classique, issue du Moyen Age. Face à la Vulgate - la Bible traduite en latin par Jérôme (331-420) -, des érudits reviennent au texte grec du Nouveau Testament et au texte hébreu de l'Ancien Testament. Aussi le travail des hébraïsants, qui prouve que les auteurs du Nouveau Testament ont réemployé des thèmes issus de l'Ancien, rend-il les théologiens plus attentifs à l'unité de la Bible. Cette approche savante se conjugue avec la volonté de recentrer le christianisme sur la personne de Jésus-Christ, au détriment du culte des saints et d'autres aspects de la piété et de la foi.

Des innovations sociales et éthiques
La même année que la diète de Worms en 1521, à Zurich, Ulrich Zwingli (1484-1531), prédicateur et curé de la collégiale, renonce à la pension que Rome lui allouait. Deux ans plus tard, le magistrat de Zurich adopte ses «67 thèses», qui constituent le premier programme de changement global proposé par la Réforme, reliant au renouveau théologique des modifications éthiques et sociales. La messe ne tarde pas à être remplacée par un culte centré sur la prédication et doté d'une liturgie plus dépouillée qu'elle ne le sera dans le protestantisme luthérien.
Des institutions charitables se développent, et un idéal de haute moralité est proposé - voire parfois imposé - aux Zurichois. Son influence gagna d'autres cantons, qui affrontèrent les cantons restés catholiques en 1531, à la bataille de Kappel, où Zwingli fut tué.
Jean Calvin

A partir de 1536, la vieille cité épiscopale de Genève devient protestante et fait appel à Jean Calvin (1509-1564), qui a alors vingt-sept ans, pour organiser la nouvelle Eglise. Ses suggestions étant refusées, il part en 1538, mais de nouvelles autorités élues le rappellent en 1541. Il va transformer la cité genevoise en une sorte de cité-refuge et de capitale spirituelle du protestantisme. De Genève partent, dans différents pays d'Europe, des livres et, grâce à l'académie fondée en 1559, des pasteurs.
Calvin exerce notamment une influence sur le jeune roi d'Angleterre Edouard VI, fils de Henri VIII, le souverain qui provoqua en 1534 un schisme avec Rome. L'anglicanisme va cependant se révéler, à partir d'Elisabeth I re (1558-1603), un protestantisme tempéré, que l'on peut sommairement définir comme une Eglise théologiquement proche d'un calvinisme modéré dans un cadre ecclésiastique resté assez peu éloigné du catholicisme. L'Ecosse, en revanche, sera calviniste après 1560, sous l'influence de John Knox (1513-1572).
Alors qu'en Allemagne la paix d'Augsbourg a officialisé la division confessionnelle de l'Empire, dans le nord de l'Europe, les pays scandinaves ont adopté le protestantisme sous sa forme luthérienne. La Réforme, en quarante ans, a donc réussi à s'implanter dans de nombreux territoires.
La réforme
L'unité de la chrétienté est brisée
Enraciné dans les hérésies médiévales et dans l'humanisme chrétien, le mouvement réformateur fondé au XVI e siècle par le moine allemand Martin Luther s'étend rapidement en Europe: il est implanté à Zurich par Ulrich Zwingli, à Strasbourg par Martin Bucer, puis à Genève par Jean Calvin, un réformateur de la deuxième génération, qui va contribuer à son extension dans plusieurs pays de l'Ouest et du Centre européens. Les Eglises issues de la Réforme divergent de l'Eglise catholique autant par leur organisation que par leurs positions doctrinales.

L'imprimerie favorisant la diffusion des principaux écrits de ses animateurs, la Réforme, née dans l'espace germanophone, ne s'arrête pas aux frontières linguistiques.
Au début de la seconde moitié du XVIe siècle, l'unité de la chrétienté occidentale est durablement brisée: la paix d'Augsbourg (1555) marque l'acceptation de la division confessionnelle de l'Empire germanique. L'anglicanisme triomphe outre-Manche à partir de 1558, et le presbytérianisme en Ecosse en 1560. En France, la présence d'une minorité active de protestants conduit aux guerres de Religion (1562-1598). Ce pluralisme conflictuel des religions va constituer un élément déterminant de la modernité occidentale.
Dès les premiers siècles du christianisme, une ligne de partage se forme entre une orthodoxie doctrinale, affirmant être seule apte à définir les vérités scripturaires, et diverses hérésies.
L'émergence de la Réforme
Le premier réformateur, Martin Luther (1483-1546), adopte sans concession une nouvelle optique: pour lui, «le Christ est le centre du cercle à partir duquel tout le cercle est tracé». L'unité des textes bibliques se fonde sur la personne et l'œuvre de Jésus-Christ. La Bible a une autorité propre, et ni le pape ni même un concile ne sauraient en donner une interprétation infaillible (thèse dirigée contre un courant conciliaire important au sein de l'Eglise au XV e siècle). Mais certains humanistes chrétiens, tout en étant proches des positions du réformateur, n'osent pas rompre avec l'Eglise catholique. Ce fut le cas de Lefèvre d'Etaples - premier traducteur français de l'ensemble de la Bible -, qui se réfugie à la fin de sa vie dans le silence. Un autre réformateur, Jean Calvin (1509-1564), va s'opposer avec force à ces «moyenneurs» (ou «nicodémites», du nom de Nicodème, qui vint trouver Jésus la nuit pour ne pas se compromettre), les traitant de chrétiens inconséquents.
A la fin du Moyen Age et au XVI e siècle, de nombreux mouvements de réforme ont considéré, en fait, la Bible comme une sorte d'instance d'appel face aux «infidélités» ou aux «déviances» de l'Eglise. Mais l'un d'entre eux - désigné classiquement comme la Réforme - constitue un cas particulier, en raison de deux aspects spécifiques: d'une part, ce mouvement assume la rupture au sein de l'Eglise d'Occident et transforme une contestation menée à l'intérieur de l'Eglise catholique en protestation agissant en dehors d'elle; d'autre part, contrairement aux «hérésies» médiévales, la Réforme n'a pas été vaincue et la rupture qu'elle a introduite ne fut pas résorbée. Certes, malgré leurs espérances, les réformateurs n'ont pas réussi à entraîner à leur suite l'ensemble du christianisme occidental. Or, s'ils n'ont pas complètement gagné, ils ont cependant triomphé dans plusieurs régions ou pays. La scission s'est avérée durable, obligeant l'Occident à faire progressivement l'expérience du pluralisme religieux.
Le début de tous les grands mouvements sociaux qui conduisent au bouleversement d'un ordre ancien est toujours établi plus ou moins arbitrairement par leurs héritiers. De même que la prise de la Bastille a été choisie comme acte fondateur de la Révolution, le début de la Réforme est fixé par les Eglises qui en sont issues au 31 octobre 1517, date de la publication des «95 thèses» sur «la vertu des indulgences» rédigées par Martin Luther.
La polémique de Luther
Vendues pour financer la reconstruction de la basilique Saint-Pierre de Rome, les indulgences étaient censées permettre la remise de peine pour certains péchés. Les historiens contemporains ont relativisé le coup d'éclat attribué aux 95 thèses en faisant remarquer que l'usage permettait à tout docteur en théologie de susciter une discussion publique sur une question controversée. De plus, Luther n'avait alors nullement la prétention de révolutionner l'Eglise: il voulait simplement rappeler un enseignement traditionnel, selon lequel Dieu seul peut pardonner aux pécheurs qui se repentent de leur faute.
Un chef religieux populaire
Les 95 thèses et le «sermon sur la grâce et l'indulgence», où Luther explicita sa position l'année suivante, très largement diffusés, firent de leur auteur non plus seulement un théologien savant mais un chef religieux contestataire, et à ce titre, très populaire. En effet, sans l'avoir nécessairement cherché, Luther atteignait un double but. D'une part, il mettait indirectement en cause la papauté: la critique des indulgences concernait implicitement le pape, qui s'était servi de cette campagne (en prétendant détenir le pouvoir d'abréger les souffrances des âmes des défunts) pour réaffirmer une autorité affaiblie depuis cent cinquante ans et pour créer une source non négligeable de revenus. D'autre part, cette critique entamait la piété populaire née de la hantise de la mort et de la peur de l'au-delà, principales responsables du succès de la vente des indulgences. A cette foule de fidèles en quête de sécurité spirituelle, Luther voulait offrir une nouvelle rationalité religieuse, fondée sur la confiance en un Dieu miséricordieux et répondant en même temps aux nouveaux besoins religieux des lettrés, notamment des élites urbaines.
La radicalisation des positions
Le succès rencontré par Luther ne pouvait laisser Rome indifférente. Comme à l'accoutumée, une procédure fut engagée pour obtenir du déviant la rétractation de ses «erreurs» et, si ce but n'était pas atteint, l'excommunier. Après une première audition en avril 1518, Luther fut accusé, en juin, d'hérésie et de crime de lèse-papauté.
Mais l'appui de son prince, Frédéric le Sage, favorisa la poursuite des tractations. Pourtant, la position de Luther se radicalisait de plus en plus: en octobre 1518, il affirmait que non seulement un concile, mais même un simple fidèle pouvait convaincre le pape d'erreur s'il était en mesure de s'appuyer sur le témoignage de la Bible; en juillet 1519, il précisait qu'un concile pouvait également se tromper et que l'Eglise n'avait nullement besoin d'un chef terrestre puisque le Christ se trouvait à sa tête. Un traité (Sur la papauté de Rome) popularisa cette nouvelle position. C'en était trop: le 15 juin 1520, dans la bulle Exsurge Domine, Léon X sommait Luther de se rétracter, sous peine d'être excommunié.
La propagation des idées de Luther
Près de trois ans s'étaient écoulés depuis la parution des 95 thèses, mais ce délai n'avait rien d'inhabituel. C'est l'invention récente de l'imprimerie qui changeait complètement le cours normal des choses: en trois ans, un mouvement d'opinion s'était créé. Plusieurs centaines de milliers d'exemplaires des écrits de Luther avaient été diffusés et avaient obtenu un impact grandissant. Grâce à la fréquente lecture à haute voix des ouvrages du moine augustin, même les illettrés pouvaient y accéder.

L'écho rencontré par Luther était énorme dans l'espace germanophone, et au moment où l'anathème fut définitivement prononcé contre lui et ses partisans (3 janvier 1521, bulle Decet romanum pontificem) des traductions en néerlandais, en tchèque et en français circulaient sous le manteau, permettant à des non-latinisants de prendre connaissance des écrits du novateur.
Contrairement à la situation qui prévalait aux siècles précédents, la papauté ne se trouvait donc pas face à un «hérétique» et à un nombre limité de disciples, mais devant un vaste mouvement religieux qui était en train de gagner des partisans dans toute la chrétienté occidentale.
L'importance de la Bible
Naturellement, chaque courant qualifié d'hérétique estimait que ses croyances étaient conformes au message de la Bible. Très vite, il ne fut pas seulement reproché aux «hérétiques» de se tromper dans l'interprétation des textes bibliques: c'est le fait même d'avoir recours à la Bible pour défendre des doctrines autres que l'enseignement dominant de l'Eglise qui était contesté. Ainsi, pour certains Pères de l'Eglise, la seule instance qui puisse légitimement interpréter les Ecritures est l'Eglise, qui possède des caractéristiques surnaturelles (succession des ministres depuis les Apôtres, unanimité, dépôt légitime de la Tradition) qu'elle a reçues du Saint-Esprit. La plupart des hérésies furent alors vaincues par cet argument.
Une nouvelle lecture des Saintes Ecritures
Au début du XVI e siècle, sous l'influence de l'humanisme chrétien, l'élite intellectuelle de l'Europe occidentale prend conscience de la distance qui sépare l'Eglise d'alors de la primitive Eglise. Ouvrant en faveur d'un retour aux sources, un biblisme savant se propage, fort critique à l'égard de la théologie universitaire classique, issue du Moyen Age. Face à la Vulgate - la Bible traduite en latin par Jérôme (331-420) -, des érudits reviennent au texte grec du Nouveau Testament et au texte hébreu de l'Ancien Testament. Aussi le travail des hébraïsants, qui prouve que les auteurs du Nouveau Testament ont réemployé des thèmes issus de l'Ancien, rend-il les théologiens plus attentifs à l'unité de la Bible. Cette approche savante se conjugue avec la volonté de recentrer le christianisme sur la personne de Jésus-Christ, au détriment du culte des saints et d'autres aspects de la piété et de la foi.

Des innovations sociales et éthiques
La même année que la diète de Worms en 1521, à Zurich, Ulrich Zwingli (1484-1531), prédicateur et curé de la collégiale, renonce à la pension que Rome lui allouait. Deux ans plus tard, le magistrat de Zurich adopte ses «67 thèses», qui constituent le premier programme de changement global proposé par la Réforme, reliant au renouveau théologique des modifications éthiques et sociales. La messe ne tarde pas à être remplacée par un culte centré sur la prédication et doté d'une liturgie plus dépouillée qu'elle ne le sera dans le protestantisme luthérien.
Des institutions charitables se développent, et un idéal de haute moralité est proposé - voire parfois imposé - aux Zurichois. Son influence gagna d'autres cantons, qui affrontèrent les cantons restés catholiques en 1531, à la bataille de Kappel, où Zwingli fut tué.
Jean Calvin

A partir de 1536, la vieille cité épiscopale de Genève devient protestante et fait appel à Jean Calvin (1509-1564), qui a alors vingt-sept ans, pour organiser la nouvelle Eglise. Ses suggestions étant refusées, il part en 1538, mais de nouvelles autorités élues le rappellent en 1541. Il va transformer la cité genevoise en une sorte de cité-refuge et de capitale spirituelle du protestantisme. De Genève partent, dans différents pays d'Europe, des livres et, grâce à l'académie fondée en 1559, des pasteurs.
Calvin exerce notamment une influence sur le jeune roi d'Angleterre Edouard VI, fils de Henri VIII, le souverain qui provoqua en 1534 un schisme avec Rome. L'anglicanisme va cependant se révéler, à partir d'Elisabeth I re (1558-1603), un protestantisme tempéré, que l'on peut sommairement définir comme une Eglise théologiquement proche d'un calvinisme modéré dans un cadre ecclésiastique resté assez peu éloigné du catholicisme. L'Ecosse, en revanche, sera calviniste après 1560, sous l'influence de John Knox (1513-1572).
Alors qu'en Allemagne la paix d'Augsbourg a officialisé la division confessionnelle de l'Empire, dans le nord de l'Europe, les pays scandinaves ont adopté le protestantisme sous sa forme luthérienne. La Réforme, en quarante ans, a donc réussi à s'implanter dans de nombreux territoires.
4 commentaires, dernier de [Clan_Pin]Gouin.
Ya faim de lecture blogesque
Vendredi 11 janvier 2008 à 00 h 38
Ces derniers temps je m’ennui sur les blogs. Je m’ennuie même sur le net. C’est déplorable et pourtant j’ai des tonnes de choses à faire et à dire. Seulement je peine à trouver l’élan pour poursuivre mon inspiration (et dieu seul sait comme elle galope).
Donc je me lance, maintenant, à une heure indécente pour pondre un article qui me trottait dans la tête depuis un moment.
Un test comparatif de Anno 1701 et Theme-Park sur DS.
Priorité à l’ancienneté: Theme-Park. Bijou de plaisir de feu Bullfrog.
Theme-Park (T-P) était, a sa sortie, un des seuls jeux “simcity-like” digne de faire compétition à simcity2000.
Au lancement on se retrouve face à un menu assez sobre et clair mais avec tout écrit en petit petit petit. Plusieurs “modes de jeu” (comprendre simulation plus ou moins poussée) sont disponibles laissant le jouer choisir ses plaisirs de vieil adulte aigri qui veut amasser du fric. Puis, une approche probablement japonaise, le choix de ses conseillers aux styles mangas. Le choix de l’un ou l’autre ne change strictement rien étant donné qu’ils sont tous aussi pénibles et ne cessent d’exiger qu’on augmente les prix des frites.
Le jeu se lance et la c’est la claque graphique… 12 ans en arrière. Aucune finition ou amélioration graphique. Les attractions sont les mêmes ainsi que les animations des clients. Certes c’est authentiquement T-P mais tout de même…

Le stylet répond de manière imprécise et les tabs de sélection sont petits et difficiles à sélectionner. Cependant la manière de placer des attractions et bâtir son petit monde reste très intuitif. Il existe toujours la possibilité de customiser ses montagnes russes comme bon il nous semble quitte à en faire une catapulte a ces idiots de clients. C’est à ce moment là que j’ai eu une énorme déception : impossible de créer plus d’une montagne russe par parc. Impossible aussi de faire un monorail avec des stations afin que nos clients n’aient pas besoin de marcher depuis l’entrée vers d’autres régions du parc. Impossible aussi de cumuler plusieurs commandes d’un même produit (afin de remplir les stocks de glaces ou autres McGerbe) et l’on se retrouve vite en pénurie de stock. Si on ajoute à cela que les nettoyeurs ne cessent de travailler l’un sur l’autre comme des homos laissant plus de la moitié du parc disparaître sous les détritus ; cela irrite sérieusement.
Il n’ya hélas pas de vrai scénario et l’on peut facilement enchaîner les pays sans vraiment faire attention aux différences mineurs qui les séparent.

J’ai eu parfois des difficultés d’affichage (comprendre bandes noires) a l’écran lorsque trop de sprites étaient actifs. Cela est peut-être dû à mon M3, je ne sais pas.
Bref sur la majorité des cas c’est une régression. Comme un T-P 0.8. Inabouti.
Anno 1701 est aussi un jeu de micro gestion économique.
Ayant été fan de tous les Anno sur PC j’étais assez impatient de me mettre celui-ci sous la main.
Ce jeu, si vous ne le connaissez pas, est une approche plus commerciale d’un jeu de stratégie. Chaque construction d’un bâtiment donne certains avantages à ses colons tout en augmentant leurs requêtes de biens et denrées rares. Assez pénible en soi mais très gratifiant quand on arrive à créer une économie qui tient la route.

Graphiquement le jeu est coloré et dispose même d’un zoom qui permet d’apprécier les fins détails qui animent notre ville et habitants. C’est assez mignon tout en gardant un ton sérieux. Le stylet et l’ergonomie de l’interface est bien même s’il y a besoin d’un petit moment d’adaptation surtout qu’on peine à distinguer ce que toutes les icônes veulent représenter a première vu.
Malheureusement le jeu a été simplifié par rapport à la version PC. Sans doute afin d’être plus accessible au public jeune. Pas de création de navires transporteurs et routes de convoi. Tous nos entrepôts sont lies en permanence entre eux comme s’ils disposaient d’un fax leur permettant d’envoyer le cacao instantanément l’un a l’autre. Pas de batailles navales. Dommage pour le réalisme.
La capture de colonies adverses a aussi été simplifiée mais reste toujours aussi jouissive si bien menée. L’IA triche de temps en temps tout en offrant un challenge décent selon comment on joue.

Au final je me suis bien amusé sur Anno grâce à sa profondeur et diversité. Certes le jeu se répète assez vite (comme tout sim me diriez-vous) mais le challenge est bien présent et assure pas mal d’heures de plaisir et découvertes.
Multi :
Les deux jeux proposent la possibilité de parties en wifi avec ses amis. Seulement voilà, T-P a un énorme désavantage : aucune interaction entre joueurs. On peut éventuellement acheter des actions des autres. Youppie ! Anno offre la possibilité de faire des échanges commerciaux ou encore de faire des guerres et conquérir les colonies des autres. C’est déjà ça pour l’interaction entre joueurs.
Malgré un net avantage pour Anno 1701 sur tous les domaines je n’arrive pas à saquer Theme-Parc. Ce jeu représente un peu le cœur d’une époque comme Magic Carpet, Syndicate wars (chez BF) ou encore Doom.
Empruntez les ou testez les avant de les acheter. Mais si vous ne voulez pas être déçu prenez Anno 1701 sans hésiter.
Donc je me lance, maintenant, à une heure indécente pour pondre un article qui me trottait dans la tête depuis un moment.
Un test comparatif de Anno 1701 et Theme-Park sur DS.
Priorité à l’ancienneté: Theme-Park. Bijou de plaisir de feu Bullfrog.
Theme-Park (T-P) était, a sa sortie, un des seuls jeux “simcity-like” digne de faire compétition à simcity2000.
Au lancement on se retrouve face à un menu assez sobre et clair mais avec tout écrit en petit petit petit. Plusieurs “modes de jeu” (comprendre simulation plus ou moins poussée) sont disponibles laissant le jouer choisir ses plaisirs de vieil adulte aigri qui veut amasser du fric. Puis, une approche probablement japonaise, le choix de ses conseillers aux styles mangas. Le choix de l’un ou l’autre ne change strictement rien étant donné qu’ils sont tous aussi pénibles et ne cessent d’exiger qu’on augmente les prix des frites.
Le jeu se lance et la c’est la claque graphique… 12 ans en arrière. Aucune finition ou amélioration graphique. Les attractions sont les mêmes ainsi que les animations des clients. Certes c’est authentiquement T-P mais tout de même…

Le stylet répond de manière imprécise et les tabs de sélection sont petits et difficiles à sélectionner. Cependant la manière de placer des attractions et bâtir son petit monde reste très intuitif. Il existe toujours la possibilité de customiser ses montagnes russes comme bon il nous semble quitte à en faire une catapulte a ces idiots de clients. C’est à ce moment là que j’ai eu une énorme déception : impossible de créer plus d’une montagne russe par parc. Impossible aussi de faire un monorail avec des stations afin que nos clients n’aient pas besoin de marcher depuis l’entrée vers d’autres régions du parc. Impossible aussi de cumuler plusieurs commandes d’un même produit (afin de remplir les stocks de glaces ou autres McGerbe) et l’on se retrouve vite en pénurie de stock. Si on ajoute à cela que les nettoyeurs ne cessent de travailler l’un sur l’autre comme des homos laissant plus de la moitié du parc disparaître sous les détritus ; cela irrite sérieusement.
Il n’ya hélas pas de vrai scénario et l’on peut facilement enchaîner les pays sans vraiment faire attention aux différences mineurs qui les séparent.

J’ai eu parfois des difficultés d’affichage (comprendre bandes noires) a l’écran lorsque trop de sprites étaient actifs. Cela est peut-être dû à mon M3, je ne sais pas.
Bref sur la majorité des cas c’est une régression. Comme un T-P 0.8. Inabouti.
Anno 1701 est aussi un jeu de micro gestion économique.
Ayant été fan de tous les Anno sur PC j’étais assez impatient de me mettre celui-ci sous la main.
Ce jeu, si vous ne le connaissez pas, est une approche plus commerciale d’un jeu de stratégie. Chaque construction d’un bâtiment donne certains avantages à ses colons tout en augmentant leurs requêtes de biens et denrées rares. Assez pénible en soi mais très gratifiant quand on arrive à créer une économie qui tient la route.

Graphiquement le jeu est coloré et dispose même d’un zoom qui permet d’apprécier les fins détails qui animent notre ville et habitants. C’est assez mignon tout en gardant un ton sérieux. Le stylet et l’ergonomie de l’interface est bien même s’il y a besoin d’un petit moment d’adaptation surtout qu’on peine à distinguer ce que toutes les icônes veulent représenter a première vu.
Malheureusement le jeu a été simplifié par rapport à la version PC. Sans doute afin d’être plus accessible au public jeune. Pas de création de navires transporteurs et routes de convoi. Tous nos entrepôts sont lies en permanence entre eux comme s’ils disposaient d’un fax leur permettant d’envoyer le cacao instantanément l’un a l’autre. Pas de batailles navales. Dommage pour le réalisme.
La capture de colonies adverses a aussi été simplifiée mais reste toujours aussi jouissive si bien menée. L’IA triche de temps en temps tout en offrant un challenge décent selon comment on joue.

Au final je me suis bien amusé sur Anno grâce à sa profondeur et diversité. Certes le jeu se répète assez vite (comme tout sim me diriez-vous) mais le challenge est bien présent et assure pas mal d’heures de plaisir et découvertes.
Multi :
Les deux jeux proposent la possibilité de parties en wifi avec ses amis. Seulement voilà, T-P a un énorme désavantage : aucune interaction entre joueurs. On peut éventuellement acheter des actions des autres. Youppie ! Anno offre la possibilité de faire des échanges commerciaux ou encore de faire des guerres et conquérir les colonies des autres. C’est déjà ça pour l’interaction entre joueurs.
Malgré un net avantage pour Anno 1701 sur tous les domaines je n’arrive pas à saquer Theme-Parc. Ce jeu représente un peu le cœur d’une époque comme Magic Carpet, Syndicate wars (chez BF) ou encore Doom.
Empruntez les ou testez les avant de les acheter. Mais si vous ne voulez pas être déçu prenez Anno 1701 sans hésiter.
5 commentaires, dernier de bobinou.